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Sommaire Jeanne d'Arc
Jeanne d'Arc, sa vie
L'enfant pure et laborieuse.
La France vaincue et envahie.
Première paroles du Ciel.
En route vers Charles VII.
L'accueil du Roi.
L'examen de Poitiers.
Entrée dans Orléans.
Combat victorieux de Saint-Loup.
Prise de la bastille des Augustins.
Orléans est délivré.
Charles VII couronné
Prépondérance des ministres.
Tergiversations.
L'attaque de Paris.
Le miracle de Lagny.
Quelques autres succès guerriers.
Au secours de Compiègne.
Visites célestes.
Fausse abjuration.
Au Vieux-Marché.
La mort de Jeanne d'Arc.





Batême Jeanne d'Arc




 

 

 

 

 

 

 

 

 



Une espérance pour le monde l'Alliance des
Cœurs de Jésus et de Marie


Jeanne d'Arc, sa vie

Visites célestes

Il n'entrait pas dans le plan divin de lui communiquer les lumières nécessaires pour déjouer toutes les embûches. Notre libératrice devait, non pas échapper aux mains de ses ennemis, mais consommer sa mission en cueillant la palme du martyre.
Chaque jour, Jeanne recevait la visite de son céleste Conseil ; si parfois il tardait à venir, la pieuse captive s'agenouillait et récitait cette touchante prière :
«Très doux Dieu, en l'honneur de votre sainte Passion, je vous demande, si vous m'aimez, de me révéler ce que je dois répondre à ces gens d'Eglise.»
Les prières de la jeune fille furent-elles exaucées ? Voyons ce qu'elle nous apprend elle-même :
«Ce n'est pas sans nécessité que je demande le secours de Dieu. Je voudrais qu'il me secourût encore davantage, afin qu'on voie mieux que je suis venue de Dieu, que c'est Lui qui m'a envoyée.»
Un jour, on lui pose une question qui révolte la plupart des assesseurs eux-mêmes :
«Etes-vous en état de grâce ?»
«Si je n'y suis pas, Dieu veuille m'y mettre. Si j'y suis, Dieu veuille m'y garder ! Je serais la plus malheureuse du monde si je savais que je ne suis pas en la grâce de Dieu. Si j'étais en état de péché, je crois que "la Voix" ne viendrait pas à moi.» répondit-elle avec recueillement.
«Quand vous vous confessez, croyez-vous être en péché mortel ?»
«Je ne sais si je suis en péché mortel, mais je ne crois pas en avoir les œuvres, et plaise à Dieu que je n'y sois jamais…»
Parmi ses réponses, il faut noter encore ces déclarations si pleines de vrai catholicisme :
«Mes œuvres et mes actions sont toutes en la main de Dieu, et sur toutes choses je m'en rapporte à Lui. Je vous certifie que je ne voudrais rien faire ou dire contre la foi chrétienne… J'affirme avoir toujours défendu l'Eglise en tant qu'il a été en mon pouvoir. »
Cependant, on n'obtenait rien d'elle qui pût la compromettre.


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Fausse abjuration

Les Anglais, qui avaient résolu de brûler Jeanne, s'irritaient contre Cauchon. Celui-ci combina alors une inqualifiable trahison. Le 24 mai, il fit dresser son tribunal sur la place de Saint-Ouen à Rouen, et il somma Jeanne d'abjurer ; à quoi elle répondit par trois fois :
«J'en appelle au Pape !»
Mais le juge infâme ne tint pas compte de cet appel et il fit offrir à Jeanne de la tirer des mains des Anglais en la mettant dans une prison ecclésiastique gardée par des femmes, si elle consentait à quitter l'habit masculin. Jeanne, torturée depuis longtemps par ses ignobles geôliers, consentit à prendre cet engagement. Mais voici qu'au lieu de lui présenter à signer une feuille portant écrit cet engagement, on lui remet, à elle qui ne savait pas lire, un papier où l'on avait rédigé une formule d'abjurations dans laquelle il était dit qu'elle reconçait à ses révélations. Cette signature au bas d'une pièce fausse constituait aux mains des scélérats qui prétendaient la juger, une arme terrible contre Jeanne. Il suffisait que désormais elle déclare avoir entendu ses Voix, pour qu'elle fût considérée comme retombée dans l'erreur qu'elle était censée avoir abjurée.
Jeanne fut reconduite dans son affreux et obscur cachot au lieu de la mettre aux prisons d'Eglise. Comme Jeanne avait repris l'habit d'homme pour sauvegarder sa pureté, Cauchon vint dans sa prison pour constater le fait, et en même temps il demanda à Jeanne si elle avait encore entendu ses Voix. Comme elle le confirmait, Cauchon rédigea une sentence livrant Jeanne au bras séculier, sous le prétexte menteur qu'elle était retombée dans ses erreurs.
Le mercredi 30 mai, de grand matin, un religieux Dominicain vint annoncer à Jeanne le supplice qui l'attendait. Jeanne se lamenta de ce triste sort :
«J'aimerais mieux être décapitée sept fois que d'être ainsi brûlée !»
Puis elle demanda le Saint Viatique et communia avec une touchante piété, une foi vive, un grand amour et d'abondantes larmes.



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Au vieux-Marché

On la fit monter dans une charette et on la conduisit sur la place du Vieux-Marché où l'on avait élevé le bûcher à une grande hauteur. Arrivée au lieu du supplice elle s'agenouilla et pria à haute voix la Sainte Trinité, la Vierge Marie, les saints et saintes du paradis. Elle affirma sa foi de fervente chrétienne et demanda humblement à Dieu d'oublier les fautes qu'elle avait pu commettre au cours de sa vie. Elle recommanda de ne pas accuser Charles VII déclarant que, si quelque mal avait été fait depuis sa venue dans les troupes françaises, elle seule en assumait la responsabilité. Voilà bien la victime expiatoire, prête à payer la dette de la France à la justice divine offensée.
Jeanne demanda ensuite pardon à tous, même à ses ennemis, même aux Anglais. Elle implora les prières de chacun et sollicita des prêtres présents, une Messe pour le repos de son âme. Jeanne songeait à prémunir son âme contre toute défaillance. Jésus ayant expiré sur une croix, elle réclama une croix pour mourir. Un soldat en fit une avec deux morceaux de bois qu'elle embrassa et plaça sur son cœur. Cela pourtant ne lui suffisait pas ; elle désira avoir un crucifix afin de pouvoir contempler l'image du Rédempteur. On alla chercher à l'église Saint-Sauveur la croix des processions. Jeanne la saisit avec un ineffable bonheur adressant à son Dieu immolé une fervente prière.
Puis, tandis que les soldats anglais s'impatientaient, deux sergents s'emparèrent de la jeune fille et la poussèrent vers le bûcher. Arrivée sur la plate-forme, jetant un regard sur la ville, elle poussa un grand cri de douleur et de commisération :
«Rouen, Rouen, seras-tu mon tombeau ? J'ai grand peur que tu n'aies à souffrir de ma mort !»


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La mort de Jeanne d'Arc

On lui enleva des mains le crucifix et on l'attacha brutalement au poteau. On couvrit son front d'une mitre d'ignominie portant ces mots : HERETIQUE, RELAPSE, APOSTATE, IDOLATRE.
S'adressant aux deux religieux Dominicains Jeanne dit :
«Je vous en prie, dès que le feu sera allumé, tenez la Croix devant mes yeux jusqu'à la fin. Je vous le déclare encore une fois : mes Voix étaient de Dieu. J'ai fait par l'ordre divin tout le bien que j'ai fait. Non, non, mes Voix ne m'ont pas trompée, elles venaient vraiment du Ciel !»
Dans la main du bourreau brûlait la torche incendiaire. Les étincelles jaillirent, une fumée intense enveloppa la victime, l'air se raréfiait, les choses de la terre s'effaçaient. Jésus ! s'écria-t-elle à diverses reprises dans sa lente agonie. Puis, inclinant doucement la tête, elle rendit son âme à Dieu.
Un soldat anglais vit au même moment une colombe blanche s'envoler au milieu des flammes et monter vers le ciel.
Le bourreau retrouva intact, au milieu des cendres, le cœur de Jeanne. Il ralluma vainement le feu : ce cœur précieux et saint ne put être consumé et fut jeté dans la Seine avec les cendres.




LE CHRIST S.G.Monseigneur Henri Debout.
(extraits)
Protonotaire apostolique. Un des membres du comité d'honneur de l'hommage national rendu à Jeanne d'Arc pour son cinquième centenaire en 1929.